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Interview de Léa Cousty (RUBIKA Animation 2018), Storyboard Artist chez Xilam (Paris)

1) Quel est ton parcours depuis ta sortie de l’école en 2018 ?
À la sortie de RUBIKA, un de mes anciens maîtres de stage m’a recommandé pour un poste de Story Artist sur une production du studio Blue Spirit. J’ai travaillé avec eux le temps de 4 épisodes. J’ai ensuite fait du développement visuel chez Team To, dans le cadre d’un appel d’offres pour Nickelodeon. Suite à cela, j’ai été storyboarder sur le pilote d’une série du studio Cybergroup (Half Heroes, aujourd’hui en cours de production). J’ai ensuite travaillé pour Xilam, toujours en tant que storyboarder, sur les séries Tic et Tac et Oggy Next Generation.
2) En quoi consiste ton métier, quelles sont tes principales missions ? 

En, règle générale, le métier de Storyboarder consiste à traduire un scénario en une suite d’images que l’on appelle des plans.
Chez Xilam, c’est un peu différent. En effet, les productions dites « muettes » (comme Oggy et les Cafards) amènent le Storyboard Artist à réécrire une partie de l’histoire, pour faciliter la compréhension du spectateur. Le storyboarder a donc une double casquette: Auteur et Storyboard Artist.

3) Quels équipements, logiciels, matériels utilises-tu au quotidien ?

Pour faire mes storyboards  j’utilise principalement le logiciel Toonboom Storyboard Pro, une Cintiq (13 ou 22HD, peu importe) et mes compétences en dessin.

4 ) Quelles sont les évolutions possibles ?
Généralement, l’évolution naturelle est de devenir Superviseur Storyboard et de passer ensuite Réalisateur/trice. Chez Xilam, par exemple, on appelle souvent les Superviseurs Board des saisons 1 pour réaliser les saisons 2. Il y a un vrai système de « passation de pouvoir » dans ce milieu.
5 )Quels conseils donnerais-tu à un(e) étudiant(e) qui se destine au métier de Storyboard Artist ? 

Oh, j’ai un tas de conseils et une interview ne suffirait pas à toutes les citer !

Tout d’abord, de travailler les piliers du storyboard : le dessin rough, rapide, dynamique et juste, la perspective, la composition de plans, la mise en scène et les principes de base de l’écriture. Je conseille également de faire du modèle vivant en pause courte, de regarder le travail de Norman Lemay pour le dessin de personnages, de Thomas Romain pour les principes de perspective, de retro-storyboarder des films ou des scènes cultes pour comprendre ce qui a poussé les choix de mise en scène. Je conseille aussi la lecture de Story de Robert Mckee, pour apprendre les principes de base du scénario.

Pour ce qui est de la culture cinématographique, il n’y a pas de secret ! Regarder un maximum de films cultes durant les études afin de se former une vraie culture cinématographique. Chez Pixar, sur la production des Indestructibles 2, tout le département storyboard essayait de regarder au moins 100 films par an et tenait même une liste accrochée à la porte de leur bureau pour se motiver les uns les autres ! Durant mes études, je me motivais à faire un dessin par jour (mes dailies). Ca et mon carnet de croquis, c’est ce qui m’a fait le plus progresser en dessin !

 
Pour terminer, je conseillerai aux étudiants de télécharger la version d’essai de Toonboom Storyboard Pro pendant leur dernière année d’études pour se former au logiciel (qui n’est vraiment pas compliqué, promis 😉). Après des logiciels comme Maya, Substance, Mari, Houdini, ça sera plié en quelques heures ! Une fois toutes ces connaissances emmagasinées, il n’y a plus qu’à postuler pour des postes d’assistants storyboard à la sortie de l’école ou en stage. Il est très rare de sauter la case d’assistant storyboard. En général les assistants passent storyboard artist au bout de quelques mois mais c’est une étape souvent nécessaire pour rassurer les productions.
 
Un dernier conseil : cultivez toujours votre passion ! Votre amour pour votre travail. C’est l’huile de votre moteur. Sans elle, plus rien ne marche et tout va de travers. Continuez à dessiner pour le plaisir, entretenez votre curiosité et ne prenez rien pour acquis !