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Guide des métiers - Animation

Directeur Artistique

© RUBIKA Animation

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Description du métier

Le Directeur Artistique est responsable de la vision créative d’un film d’animation (ou d’un jeu vidéo). Sa mission est de garantir la vision créative du projet et de superviser le processus de création. Il veille à l’unité, à la continuité et au rythme du travail de l’équipe créative (concept artists, storyboarders, animateurs…) et travaille en étroite collaboration avec le Réalisateur ou le Chef de projet 3D, dont il comprend et intègre les intentions

Le Directeur Artistique possède une grande sensibilité artistique et culture de l’image. Véritable touche-à-tout, il comprend chaque étape de chaîne de production et possède des compétences opérationnelles (dessin, utilisation des logiciels 2D/3D). Il fait également preuve d’un grand sens de la communication et d’excellentes capacités managériales, pour transmettre et expliquer la vision du projet à l’équipe d’animateurs.

C’est un professionnel expérimenté. Il est souvent engagé le temps d’une production qui peut durer un ans voire deux. Il a le plus souvent le statut d’intermittent du spectacle ou d’indépendant. Son salaire est estimé à 3000€ par mois (2400 euros brut pour un débutant).

Salaire à la sortie: 
2 500 € / mois

Compétences attendues :

  • Etre créatif, intuitif, convaincant
  • Doit faire preuve d’anticipation et de rigueur
  • Posséder de bonnes qualités relationnelles

Formation conseillée:

ALEXANDRE CHAUDRET (PROMOTION 2011)
DIRECTEUR ARTISTIQUE, LIGHTBULB CREW

💬 L’INTERVIEW MÉTIER :

ALEXANDRE CHAUDRET, DIRECTEUR ARTISTIQUE

EN QUOI CONSISTE TON MÉTIER, QUELLES SONT TES PRINCIPALES MISSIONS ? 

Le Directeur Artistique est le garant de l’harmonie visuelle et artistique d’un projet, depuis sa pré production jusqu’au jour de sa sortie sur le marché. Il est porteur d’une « vision » qui répond soit à une audience ciblée, soit à une volonté de se démarquer. Son rôle peut dépasser le cadre strict du graphisme : sur Othercide, je travaillais autant sur la partie visuelle que sur la construction de l’univers, de la narration, des textes et de la partie sonore.
En parallèle de tout ça, le Directeur Artistique est aussi un chef d’équipe, et il partage, travaille et échange au quotidien avec son équipe artistique pour mener à bien le projet. Il insuffle sa vision artistique autant qu’il se nourrit des avis de ses collègues, et garde toujours à l’esprit de faire grandir les plus juniors de sa team.
Ma mission en arrivant à Lightbulb Crew était claire : faire en sorte que la DA d’Othercide sorte du lot parmi le genre « tactical », et qu’elle donne une « patte » reconnaissable pour le studio et ses futurs projets. Je ne peux pas juger du succès de cette mission, mais en tous cas, je continue dans la même veine pour les prochains jeux !

QUELLES SONT LES PRINCIPALES QUALITÉS REQUISES POUR TRAVAILLER À CE POSTE ?

C’est un peu difficile de répondre précisément : je pense qu’il y a presque autant de Directeurs Artistiques que de Directions Artistiques à mener… !
De mon point de vue, outre des fondamentaux artistiques solides, je dirais que le Directeur Artistique a besoin d’un bon « œil ». Il doit pouvoir voir rapidement si un élément entre en « résonance » avec la vision du projet, ou au contraire s’il s’en éloigne. Parfois, il m’arrive d’avoir des périodes entières sans jamais rien « produire » : je ne m’astreins qu’à corriger, analyser, réorienter, définir ou canaliser le travail de mon équipe. En fin de compte, il y a même un côté opportuniste : il faut savoir reconnaître une bonne idée qui n’était pas prévue, et oublier toute notion d’égo pour ne jamais s’aveugler.
Le plus important selon moi est cette notion de « vision ». Le Directeur Artistique est une sorte de boussole, si je puis me permettre la métaphore : on pose un cap, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est le terme « Direction » qui est souvent le plus important dans « Direction Artistique ». Ne jamais oublier ce que l’on vise, et l’objectif du produit final.
Le premier jour de mon arrivée à Lightbulb Crew, j’ai dit à l’équipe d’Othercide « nous sommes ici pour faire un jeu, pas un artbook ». Je voulais les convaincre (autant que me convaincre moi-même) que notre job était de concrétiser le projet final, pas de s’attacher aux « beaux dessins » qui allaient en joncher le chemin.

QUELLE EST LA PARTIE DE TON MÉTIER QUI TE PLAÎT LE PLUS ET POURQUOI ?

Il y a deux aspects du métier de DA que j’apprécie particulièrement.
Le premier aspect est purement personnel, voire égoïste : depuis que je suis enfant, j’aime raconter des histoires. Ce postulat a accompagné l’ensemble de mon parcours artistique, depuis les soirées et week-ends passés à inventer des récits fantastiques pour ma « bande de l’impasse », jusqu’aux bancs de Supinfocom, j’y suis revenu encore et encore : raconter des histoires, traduire mes expériences, mes traumatismes, mes joies et mes peines. Peu importe que ce soit avec des monstres belliqueux ou des chevaliers sombres, l’important est de créer un « portail » entre mes idées et l’imaginaire des spectateurs, et, avec un peu de chance, établir une connexion. Le métier de DA me permet d’avoir accès aux clés de ce portail, et ça me hante autant que ça m’enthousiasme.

L’autre côté satisfaisant de ce métier est de faire grandir une équipe, de mentorer autant que de s’épanouir avec de jeunes artistes et de se mouvoir dans leurs propres aspirations, rêves, espoirs et cauchemars. Bien souvent, je ne fais qu’observer depuis l’ombre, attendant avec impatience de voir chacune de ces jeunes pousses gravir marche après marche l’escalier de leur parcours artistique. Et me dépasser. Je suis abasourdi par le talent des nouvelles générations, et les flammes de leur passion arrivent à raviver mes braises.